April 24, 2012 Off

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By in défi écriture

C’était une femme qui s’ennuyait et elle ne couchait donc qu’avec des hommes mariés. C’était plus drôle. Stupéfiant, combien les hommes mariés trompaient aussi facilement leurs épouses. “Celui-ci, flanchera-t-il?” se demandait-elle souvent avec défi. Rares étaient ceux qui résistaient à ses avances somme toute assez molles. Rares étaient ceux qui se refusaient, et la plupart n’hésitaient que quelques fractions de secondes. C’était d’une facilité déconcertante. Et horrifiant. Quand elle pensait à ces hommes, elle ne voyait que des gueules béantes et rouges. Le sang et le désir se confondaient en eux. Elles pensaient parfois à ses amies mariées. Savaient-elles que la bague au doigt ne représentait en aucun cas une garantie? Étaient-elles consciente de la désinvolture de leurs époux? Savaient-elles que leurs maris baisaient autant qu’ils en avaient envie, qu’on leur demande de payer ou que ce un [ suite ]

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April 24, 2012 Off

.51

By in défi écriture

Ils étaient ce jour-là à Hiroshima. Elle avec apporté un guide de voyage qu’elle feuilletait constamment et dont elle lui lisait de larges extraits alors qu’ils visitaient la ville. Elle acheta aussi de nombreuses cartes postales. Ce soir-là, ils se couchèrent tôt. Mais il ne réussit pas à s’endormir.

C’était une erreur de venir ici, se disait-il. Ou peut-être pas, finalement. Pas une seule fois ils ne s’étaient disputés. Il n’avait senti aucune tension. Après des années de combat, cette trêve avait été apaisante. Il remarquait soudainement que tout avait en effet été si léger et si facile depuis le début de ce voyage. Mais que valait un couple qui se déchire constamment, sauf en voyage? Que signifie que deux êtres ne puissent s’entendre parfaitement que dans des zones d’exception, hors du quotidien et seulement deux à trois semaines par année? Le contraste était trop frappant pour qu’il [ suite ]

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April 23, 2012 Off

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By in défi écriture

Un homme en naufrage de lune 1
Traverse un rue
Trempée par l’averse du soir
Rentre dans un bar
Cherche un téléphone
Se fraie un chemin
Jusqu’au comptoir
Commande un whisky

Un homme en naufrage de lune
Rentre dans un deuxième bar
Observe inquiet mélancolique
Hurlements muets
Vibrations criardes
Fards dégoulinant
Rouge fuyant
Et commande un whisky

Un homme en naufrage de lune
Marche dans les rues
Contourne la faune
Pique par les ruelles
Saute et contourne
Les flaques
Cache et
Ravale ses larmes

Un homme en naufrage de lune
Ouvre la porte
Dépose ses clés
Retire ses chaussures
Et dans le noir de son salon
Illuminé par la nuit
S’allonge sur le canapé
Et regarde au plafond

Un homme en naufrage de lune
Traîne sur ses épaules
Le poids du [ suite ]

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April 22, 2012 Off

.49

By in défi écriture

Les poissons. Les merveilleux poissons.

Un monde, un univers complet sous l’eau. Des montagnes et des sommets vertigineux. Des forêts boréales. Des sous-bois et des jardins anglais. Un refuge, une trouvaille tant espérée: un endroit, enfin, où se cacher et où le corps n’a qu’un seul objectif: survivre. Être sous la mer comme dans un abri. Être sous la mer comme dans une cabane au fond des bois, sans électricité ni eau courante. Fixer l’immensité bleue avec un sourire en coin, y plonger sans une seule crainte. Déambuler dans le néant, et en revenir indemne. Avoir une envie irresistible de pleurer et dormir.

Les poissons. Les merveilleux poissons.

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Défi d’écriture: écrire le plus souvent possible, en s’inspirant de ces thèmes. Inspiration, dis-je: donc s’amuser, divaguer, et surtout, ne pas [ suite ]

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April 18, 2012 Off

.48

By in défi écriture

Elle ne comptait plus les nuits blanches ni les heures immobiles à regarder les murs. Elle n’osait le dire à voix haute. Mais cette longue pause, cette hibernation lui avait fait du bien. La douleur, celle qui paralyse et glacifie, lui avait permis de se reposer de ces années de mensonges, de non-dits et de course effrénée vers un grand rien du tout aux couleurs somptueuses. Par moment, elle avait même réussi à s’assoupir quelques instants dans son univers sclérosé.

Mais après deux années, elle risqua le tout pour le tout. Elle décrocha les deux cadavres, ouvrit grand les fenêtres, se débarbouilla le visage, le savonna et le rinça à grande eau. Elle sacrifia le bleu de son décor mental. La glace qui la faisait tenir droite. Le mélancolie comme activité. Les gestes lents. Son regard de fantôme. Son respirateur artificiel. Son coeur mécanique. Les nuages noirs au-dessus de sa tête. Le temps suspendu.

Elle sortir dans la rue. Marcha [ suite ]

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April 16, 2012 Off

.47

By in défi écriture

Il y a d’abord les polytraumatisés. Ils ne sont pas meurtris: ils sont presque morts. C’est à peine s’ils tiennent debout sans que quelqu’un ne les aide. On les a affamés pendant des années. On les a visités la nuit. On a tapé sur eux avec tous les marteaux imagineables.  On leur a imposé pendant des années de trop nombreux voyages. Ils manquent d’air depuis la naissance.  Ils ne connaissent que les cris et la vermine.

Il y a aussi les malchanceux. Un matin ensoleillé, ils sont tombés en pleine figure, ont perdu quelques dents et en sont encore couverts de poussière. Ou alors ils ont trébuché et ont gardé des éraflures pendant quelques temps. Ils ont été volés. Ils ont tout perdu et n’ont récupéré que des miettes.  On leur a cassé la gueule derrière une ruelle.  On les a abandonné au profit d’un paquet de cigarettes, d’un plus riche ou d’une plus jeune.  Depuis, ils sont craintifs et marchent [ suite ]

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April 10, 2012 Off

En lisant Jacques Darras

By in notes de lecture

Position du poème

il est assis
il a les genoux pliés
il voit le monde
il voit des fleurs de trèfle blanches
il voit un toit de tuiles rouges
il voit un carré de ciel gris
il ne voit pas le monde
il est le monde à lui tout seul
il peut changer de place
il peut se lever
il pourrait s’éloigner de sa table
il irait dans la cuisine
parmi les couteaux métalliques
parmi les fourchettes acérées
parmi les casseroles bouillantes
il se couperait une tranche de monde
il mordrait dans le monde à belles dents
ici il voit le monde avec les doigts
il compte le monde sur un clavier
il écrit une partition
la partition s’appelle le monde
c’est une partition en sol mineur
en ciel majeur en tuiles diésées
en trèfle blanc
en genoux pliés
les touches du clavier sont noires
ne touchez [ suite ]

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April 10, 2012 Off

En lisant Dominique Fourcade

By in notes de lecture

Premier poème Fang Yi

Le  ciel  pas  d’angle  je  n’étais  pas  en  alerte  je  n’ai  à aucun  moment  buté  contre  rien  je  pense  avoir  glissé sur  la  terre  sans  que  quelque  chose  se  soit  dérobé  ou a-t-elle  défailli  la  ligne  d’air  qui  me  portait  s’est-elle dérobée  faute  que  je  l’aie  assez  clairement  aimée  le  ciel je  ne  m’attendais  pas  qu’il  fût  vert  je  n’avais  pas  songé qu’il  brûlât  quand  j’y  ai  été  propulsé  ni  qu’il  fallût  dire si  c’était  la  terre  ou  le  ciel  puisqu’elle  c’est  lui  d’où  cascade  sans  parole  ce  voile  de  rose  quand  je  reviendrai  et même  si  je  ne  reviens  pas  je  lui  manifesterai  mon amour  en  repassant  à  travers  elle  masse [ suite ]

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April 10, 2012 Off

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By in défi écriture

Il y a cinq mois, je rêvais d’écrire un grand roman. Je ne touchais jamais à un crayon et ne tenais même pas de journal personnel, mais qu’importe – je me voyais pondre une brique de plusieurs centaines de pages et me métamorphoser soudainement en jeune auteure de l’année acclamée sur toutes les tribunes.

Serais-je au moins capable d’écrire un petit quelque chose? Je l’ignorais, et j’ai donc décidé en janvier dernier que j’allais creuser cette question pendant toutes l’année 2012 – écrire est-il un simple rêve de fausse intellectuelle romantique, ou ai-je non seulement le talent nécessaire mais surtout, quelque chose à dire?

46 – Are you more worried about doing things right, or doing the right things?

Écrire “le plus souvent [ suite ]

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April 9, 2012 Off

En lisant Roland Giguère

By in notes de lecture

Je ne vous suis plus
je ne vous suis plus dévoué
je ne vous suis plus fidèle
j’erre à ma guise enfin
hors des senders bénis
j’erre aux confins de ma vie
j’aime aussi
comme je n’ai jamais aimé
la ligne courbe du desdn
le silence des puits
j’erre
malgré tout ce que je dis
entre le début et la fin
entre vos mains tendues
et vos yeux qui se ferment
sous le poids de minuit
j’erre
parmi mes oiseaux favoris
les herbes fines qui se lèvent
au jour dit
j’erre
parmi les pauvres ormes
et les pins dégarnis
sans voir le sapin qui jaunit
j’erre parmi mes amis les meilleurs
que pourtant je dens pour vigies
mais j’erre
j’erre toujours entre vos dires
[ suite ]