février 6, 2012 Off

En lisant Andrée Chedid

By in notes de lecture

Depuis que j’ai commencé mon défi-écriture, j’essaie de varier mes lectures.
Qui sait si lire autrement ne permettrait pas d’écrire autrement?

Je commence donc à lire davantage de poésie et découvre avec étonnement que c’est la lecture idéale dans le métro le matin.

La semaine dernière, j’ai lu Blaise Cendrars  (‎ »Le soleil ouvrira de bonne heure comme un marchand de nougat un jour de fête »; ‎ »On a beau ne pas vouloir parler de soi-même Il faut parfois crier »).

En ce moment, je lis « L’Étoffe de l’Univers » d’Andrée Chedid, une poète que je ne connaissais que de nom mais dont j’avais entendu de grandes éloges.

Je découvre dans ce recueil de superbes poèmes. Le rythme est envoûtant.


 

FÉCONDE

Parfois l’esprit féconde
D’innombrables créations

Au temps de ma jeunesse
J’étais inépuisable
Fructueuse
Productive
Productrice
J’épousais tous les temps

Maintenant sans promesse
Recherchant ce temps
Recherchant un lieu
Je suis partout
Je suis nulle part

 


VIEILLIR I

Il est temps de vieillir
D’accepter ce qui te revient
D’assumer encore et encore
À chaque crépuscule
Ce qui depuis l’aube
T’appartient

Courant sans cesse
Le temps t’enlève dans ses bras
Tu découvres pas à pas
Toute l’absence de sa présence


VIEILLIR III

L’exil s’ouvre

Suivre hors des lois
Les chemins de campagne
Fuir deuil et ennui
Fuir la nuisance du jour
Laisser l’arbre
À lui-même
Abandonner l’espace…
Abandonner l’espoir
Fuir encore et toujours
Dresser son âme
Sur la plus haute montagne

L’exil s’ouvre

* * * * * *

Andrée Chedid, « L’Étoffe de l’Univers », Paris: Flammarion, 2010.

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