March 28, 2012 Off

En lisant Aimé Césaire

By in notes de lecture

Les armes miraculeuses

Le grand coup de machette du plaisir rouge en plein front il y avait du sang et cet arbre qui s’apellait le flamboyant et qui ne merite jamais mieux ce nom la que les veilles de cyclone et de villes mises a sac le nouveau sang la raison rouge tous les mots de toutes les langues qui signifient mourir de soif et seul quand mourir avait le gout du pain et la terre et la mer un gout d’ancetre et cet oiseau qui me crie de ne pas me rendre et la patience des hurlements
a chaque detour de ma langue

la plus belle arche et qui est un jet de sang
la plus belle arche et qui est un cerne lilas
la plus belle arche et qui s’appelle la nuit
et la beaute anarchiste de tes bras mis en croix
et la beaute eucharistique qui flambe de ton sexe
au nom duquel je saluais le barrage de mes levre violentes

Il y avait la beaute des minutes qui sont les bijoux au rabais du bazar de la cruaute le soleil des minutes et leur joli museau de loup que la faim fait sortir du bois de la croix-rouge des minutes qui sont les murenes en marche vers les viviers et les saisons et les fragilites immenses de la mer qui est un oiseau fou cloue feu sur la porte des terres cocheres il y avait jusqu’a la peur telles que le recit de juillet des crapauds de l’espoir et du desespoir elagues d’astres au desuus des eaux la ou la fusion des jours qu’as-sure le borax fait raison des veilleuses gestantes les fornications de l’herbe a ne pas contempler sans precaution les copulations de l’eau refletes par le miroir des mages les betes marines a prendre dans le creux du plaisir les assauts de vocables tous sabord fumants pour feter la naissance de l’heritier male en instance parallele avec l’apparition des prairies siderales au flanc de la bourse aux volcans d’agaves d’epaves de silence le grand parc muet avec l’agrandissement silurien de jeux muets aux detresses impardonnables de la chair de bataille selon le dosage toujours a refaire des germes a détruire

(…)

Aimé Césaire, in Anthologie de la poésie française du XXe siècle, tome 2, Gallimard, 2000.

Comments are closed.