janvier 1, 2013 Off

En lisant Lionel Duroy

By in notes de lecture

Nous croyons qu’à rompre avec la source du mal nous allons pouvoir inventer notre propre vie et apporter le bonheur à nos enfants, avais-je écrit cette nuit-là, ne cessant d’arpenter nerveusement ma chambre d’hôtel, alors que nous sommes faits de ce mal et qu’ainsi il continue de nous habiter et de nous ronger quoi que nous décidions, et quel que ce soit l’endroit dans le monde où nous allions nous réfugier. Nous croyons qu’un jour nous aurons droit à l’oubli, à la paix, à la beauté, c’est ce qui nous pousse à continuer d’avancer, d’aimer, de réfléchir, d’écrire, mais sans doute n’est-ce qu’un illusion. Celui qui est issu de la haine et de la folie, avais-je poursuivi, semble condamné à ne produire que de la haine et de la folie, et ainsi à détruire les siens à son tour. (…) Si fort soit-il, avais-je encore écrit, l’amour est impuissant à effacer toute l’horreur que nous ont transmis les nôtres.

Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Julliard, 2012, p. 250

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